Réflexions sur les 15 années de la moustiquaire Olyset® lors de cette Journée Mondiale contre le Paludisme

Depuis près d'une décennie, la Journée Mondiale contre le Paludisme a accordé une attention particulière à la lutte mondiale contre la maladie, qui continue de tuer plus de      400 000 personnes tous les ans. Le 25 avril, jour de l'une des campagnes annuelles vitales de santé publique dans le monde, est l'occasion pour la communauté du paludisme de se réunir et de mettre l'accent sur la nécessité d'un investissement, d'une recherche et d'un développement continus, ainsi qu'un engagement politique soutenu, à l'égard de la prévention du paludisme et finalement de son élimination. 

Le thème de cette année, En finir définitivement avec le paludisme, vise à renouveler les efforts pour stimuler les mesures préventives qui ont déjà joué un rôle majeur dans la réduction des cas de paludisme et des décès qui y sont liés. L'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide longue durée et une pulvérisation dans les habitations ont réduit de 21 % les nouveaux cas de paludisme ; les taux de mortalité liés au paludisme ont chuté de 29 % entre 2010 et 2015 et les taux de décès en général ont diminué de 48 % depuis 2000, ce qui constitue une amélioration significative. Et d'importance primordiale, plus de la moitié (53 %) de la population à risque en Afrique subsaharienne a dormi sous des moustiquaires imprégnées d'insecticide en 2015, par rapport à 30 % en 2010 et à uniquement 2 % au tournant du millénaire.

La moustiquaire Olyset, qui constitue une des innovations de pointe dans la lutte contre le paludisme, célèbre cette année 15 ans de production, ce qui nous donne une raison supplémentaire de réfléchir aux énormes progrès réalisés au cours de cette période. La moustiquaire Olyset a été la première moustiquaire imprégnée d'insecticide longue durée (MILD) à être recommandée par l'OMS en 2012, et depuis le début de sa production en 2002, près de 300 millions de moustiquaires Olyset ont été fournies à plus de 80 pays.  L'impact de la prévention s'est révélé stupéfiant et on estime qu'à elle seule, elle a permis de sauver 560 000 vies.[1]

Parallèlement à ses avantages préventifs, les moustiquaires Olyset ont également créé des emplois et assuré un développement économique en Tanzanie, où elles sont fabriquées depuis 2003. Sumitomo Chemical croit fermement que, pour être durables, les moustiquaires doivent être fabriquées là où on en a le plus besoin, c.-à-d. en Afrique. 7 000 Tanzaniens, dont chacun a en moyenne 2,8 personnes à charge, sont employés dans l'usine depuis son ouverture.[2]  C'est un exemple édifiant de la manière dont un produit de santé publique peut booster simultanément l'économie locale.

La communauté du paludisme a toutes les raisons d'être fière des progrès réalisés, mais il ne faut pas relâcher ses efforts. L'objectif mondial de l'OMS consiste à réduire les taux actuels de cas de paludisme de 40 % d'ici uniquement trois ans, mais moins de la moitié des 91 pays du monde touchés sont sur la bonne voie et de nombreux pays à faible revenu ont pris du retard. Entre-temps, l'OMS estime que 3,2 milliards de personnes dans le monde risquent toujours de contracter le paludisme.

La moustiquaire Olyset a démontré ce qui peut être réalisé lorsque l'investissement est orienté vers la recherche et le développement pertinents, tout en impliquant les communautés locales. La lutte contre le paludisme est toutefois loin d'être gagnée. Suite à cette Journée Mondiale contre le Paludisme, il est à nouveau temps de réclamer davantage d'investissement, d'éducation et de sensibilisation, afin que nous puissions atteindre ces objectifs en 2020, voire réaliser l'objectif plus ambitieux de réduire le paludisme de 90 % d'ici 2030 et nous rapprocher du jour où il ne constituera plus une menace.

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[1]L'analyse de Lengeler a indiqué qu'en moyenne, sur 1 000 enfants qui sont protégés pendant une année, la mort de 5,5 enfants a pu être évitée.
[2] Rapport SOAS