Sumitomo Chemical - Le Paludisme est Important Résistance aux insecticides - Augmentation de la menace aux gains mondiaux réalisés dans la lutte contre le paludisme

Par John Invest, Sumitomo Chemical – Consultant Technique 

Malaria Matters

La lutte contre le paludisme et les objectifs d'élimination font partie du plan stratégique fondamental de l'OMS et de la communauté mondiale. D'énormes progrès ont été faits ces 10 dernières années dont nombreux ont été réalisés en contrôlant les vecteurs du paludisme par la mise en œuvre des Moustiquaires Imprégnées d'Insecticide Longue Durée (MILD) et par la pulvérisation à effet rémanent à l'intérieur des habitations (IRS).

Ces acquis sont mis en péril par suite de la menace croissante de la résistance aux insecticides. Une seule classe d'insecticides (pyréthrinoïdes) est actuellement utilisée avec les MILD et uniquement quatre le sont avec l'IRS. Les coûts extrêmement élevés nécessaires pour l'introduction d'une classe d'insecticides entièrement nouvelle pour la lutte antivectorielle avec rentabilité limitée pour un tel investissement massif par l'industrie veulent dire qu'il n'y a pas eu de nouvelle classe d'insecticides pour la lutte contre les moustiques adultes depuis environ 40 ans.

Les espèces de vecteurs des moustiques qui transmettent le paludisme ont développé un mécanisme de résistance à ces insecticides, ce qui signifie que dans de nombreux pays, les produits n'accomplissent plus leur tâche et que l'incidence du paludisme risque d'augmenter.

L'OMS a reconnu cet état de fait en 2012 et a lancé son Plan mondial pour la gestion de la résistance aux insecticides (des vecteurs du paludisme) ou GPIRM.

En outre, le Comité d'action de la résistance aux insecticides (IRAC) reconnaît le manque de rotation proactive. « Lorsqu'un insecticide est toujours efficace pour la prévention de la transmission de la maladie, il est difficile de convaincre les programmes de santé de le remplacer... Toutefois, les conséquences de ne pas être proactif en matière de gestion de la résistance risquent d'être nettement plus coûteuses à longue échéance, voire potentiellement catastrophiques ».

Que pouvons-nous donc faire pour résoudre ce problème ? La clé est souvent la rotation des insecticides, de manière que les niveaux de résistance n'atteignent pas les niveaux d'échec de contrôle. Il y a des implications de coût et de logistique qui s'avèrent être des barrières à la mise en œuvre dans certains pays. Toutefois, la communauté mondiale de lutte contre le paludisme doit faire face au problème.

Les pyréthrinoïdes sont actuellement la seule classe d'insecticides suffisamment sans danger qui peuvent être utilisés sur les MILD, car ils se trouvent à proximité étroite des populations, spécialement des enfants et des femmes enceintes.

Un des mécanismes principaux de résistance est métabolique, lorsque le moustique surexprime les enzymes qui décomposent l'insecticide. Ceci peut être bloqué en utilisant un synergiste pipéronylbutoxyde (DPB) et Sumitomo Chemical a déjà lancé un MILD qui contient de la perméthrine et du DPB sur toutes les 5 surfaces (Olyset Plus®) et qui s'est révélé nettement plus efficace dans les zones de résistance. Nous avons également développé une moustiquaire (Olyset Duo®) de troisième génération contenant un régulateur de croissance d'insectes (IGR) innovateur en cours d'évaluation dans le programme WHOPES. Une telle technologue coûte cher et de nombreux donateurs et pays sont réticents à dépenser le montant supplémentaire pour mettre en œuvre ces nouvelles moustiquaires et utilisent toujours la monothérapie et donc des moustiquaires qui continuent à sélectionner les gènes de résistance dans les moustiques.

L'industrie traditionnelle a été proactive en matière de développement de nouveaux outils dont la plupart n'ont pas été sérieusement mis en œuvre, ce qui n'encourage pas les sociétés de pointe à continuer à investir dans ce secteur.

Les pays IRS ont eu plus d'options avec quatre classes d'insecticides disponibles et plus récemment un organophosphoré a été réintroduit et s'est révélé efficace ; la résistance est toutefois déjà apparue dans certains pays, ce qui veut dire que la résistance à toutes les quatre classes apparaît  à des degrés variables dans différents pays, en fonction de leur historique d'utilisation.

Sumitomo a reconnu le problème et dispose d'un produit entièrement nouveau (SumiShield®)   qui contient une classe d'insecticides non utilisée dans le passé dans la lutte antivectorielle. Les tests indiquent un contrôle efficace des insectes résistants, conjointement avec une longue résidualité sur les surfaces. L'OMS évalue actuellement ce produit.

La communauté de la lutte antivectorielle a également oublié, en grande partie, l'utilisation de larvicides qui offre plusieurs ingrédients différents actifs que l'on ne trouve pas dans les MILD ou dans l'IRS : cette méthode de contrôle devrait être intégrée dans de nombreux programmes.

En conclusion, l'importance de la résistance aux insecticides doit être entièrement reconnue et les parties prenantes et tout particulièrement les donateurs doivent évaluer correctement les outils pour la combattre. Ceci créera un environnement permettant le développement et la mise en œuvre de ces outils et de stratégies de gestion aussi rapidement que la résistance se propage - sinon nous mettrons en péril les merveilleux progrès que nous avons réalisés, même s'ils sont encore fragiles. 

 


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